Hervé Ferland | Partie 02
[image 33-11-19] Soir de la matraque à Verdun. Plus de 150 membres de la police, avec l’aide des fourgons de la police provinciale, arrêtent 48 personnes qui tentent d’accéder au local de la Verdun Workmen’s Association (VWA), qui a pignon sur rue au 4032, rue Wellington—un édifice disparut qui était autrefois entre le Benelux [anciennement Banque de Montréal] et le Rona. Plus tôt durant cette même semaine (le lundi), le chef de police et 35 de ses hommes procèdent, de manière « very un-British », à la fermeture du local, sous prétexte de danger d’incendie; simultanément, s’y tenait paisiblement une rencontre de plus de 35 vétérans. Le maire Ferland félicite la police pour son bon travail. | The Guardian, page frontale, le jeudi 19 octobre 1933.
Série Mayor à la Mancha
Une version abrégée et sans notes de ce texte parait dans la revue de la Société d’histoire et de généalogie de Verdun (SHGV), Les Argoulets (Été 2026 — Vol. 30, numéro 2).
Ce texte est suivi par une chronique des deux ans de ce premier mandat du maire Ferland, soit la balance de l'année 1933, l’année 1934 et finalement, jusqu’aux élections municipales du 1e avril, l'année 1935. Finalement les notes au texte se trouve ici.
Le nouveau maire des temps difficiles
Le premier mandat du maire Joseph Hervé Ferland et du nouveau Conseil municipal de Verdun commence le 21 avril 1933 et s’étend jusqu’au 1e avril 1935. C’est aussi la période d’observation de cette étude, qui vise brièvement à contextualiser ce mandat au temps de la Grande dépression. Pour ce faire, on aura recours, entre autres, à une lecture attentive du seul[1] hebdomadaire survivant de Verdun, The Guardian. Sous l’entête du journal, on pouvait lire : Verdun’s Leading Newspaper et, à partir de l’édition du vendredi 16 novembre 1934, The Leading Newspaper of the Third Largest City in the Province of Quebec. Ce glissement est plus qu’une affaire sémantique; elle traduit la vision des élites et d’une part substantielle des résidents. Avec sa population de plus de 60 000 en 1931[2], Verdun était sans conteste la plus dense cité sur le territoire de la Commission métropolitaine de Montréal (CMM)[3]. Rendues à cette décennie (1930), rares sont les entités municipales qui, pour cause de dettes insoutenables associées à un développement frénétique, n’ont pas été absorbées par Montréal. De plus, encore vif à la mémoire de tous, la mise en tutelle de Montréal, de 1918 à 1921. Québec met sur pied la CMM afin de partager cette dette et d’assurer un contrôle plus efficace sur les finances des quinze municipalités constituantes[4]
Malgré la Dépression qui ravage l’économie et l’emploi sur l’île, Verdun se targuait d’être la cité-banlieue où il fait bon vivre. Contrairement à des municipalités comme Montréal-Ouest, Ville Lasalle ou Hampstead, en certains points similaires, Verdun était une véritable cité[5], avec deux grandes artères commerciales est-ouest diversifiées et intégrées, plusieurs avenues transversales avec services et commerces complémentaires, des théâtres, cinémas, salles de dances, d’associations et de divertissements, un YMCA ayant pignon sur rue, un boardwalk aménagé, des quais avec accès au fleuve et encore un vaste réservoir de lots résidentiels et commerciaux à valoriser. Tout en étant majoritairement anglophone[6], avec une forte tradition d’accueil et d’intégration de l’immigration britannique populaire, Verdun cultivait avec fierté une posture d’harmonie et de bon voisinage avec sa population francophone. Finalement, Verdun avait aussi la particularité d’être presque sans industrie ou activités manufacturières[7], tout en étant, sur le plan socio-économique, une banlieue formée d’employés, d’ouvriers, de travailleurs de la construction et de travailleurs non qualifiés[8].
Verdun invisible
Bien entendu, Verdun doit aussi naviguer dans un continuum de représentation fédéral et provincial. Malheureusement pour la ville et son maire, celle-ci est soit fragmentée en deux districts électoraux, comme au fédéral ou, lorsque Verdun avait la chance d’avoir un comté bien à lui, comme au provincial depuis 1923 (Montréal-Verdun)[9], les électeurs se choisissaient un député conservateur (Pierre-Auguste Lafleur), perpétuellement dans l’opposition[10]. En effet, depuis 1898, les électeurs du Québec ont continuellement choisi le parti Libéral et, depuis 1920, c’était le gouvernement du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau. Ce dernier avait aussi accaparé, depuis 1924, le portefeuille des Affaires municipales. Mais pour Verdun, le fait de ne pas avoir un représentant dans le camp gouvernemental ne devait pas aider. Du côté fédéral, la partie ouest de Verdun (district de Jacques-Cartier)[11] est représentée par un député (George-Philippe Laurin) du parti au pouvoir (les Conservateurs), mais semble-t-il sans visibilité dans le cabinet du gouvernement Bennett. La partie est de Verdun (district de St-Ann-Verdun)[12] est représentée par un député libéral, John Alexander Sullivan, mais Verdun n’était qu’une fraction de sa circonscription et, de plus, il était dans l’opposition. En d’autres termes, autant sur le plan fédéral que provincial, durant ces années du plus creux[13] de la Dépression et du premier mandat du maire Ferland, Verdun était à la limite de l’invisibilité, sans amis ni influence dans les cercles du pouvoir.
Tout le poids de la crise sur le maire Ferland
C’est dans cet univers politique plutôt hostile que le maire Ferland et le Conseil doivent composer. Verdun étant « the bedroom of Montreal[14] » et ainsi essentiellement dépourvu de moteur économique interne, la population subit de plein fouet ce manque de débouché, ce qui fait que durant ce premier mandat, c’est respectivement 29,8 %, 22,8 % et 19,1 % des Verdunois qui sont bénéficiaires de l’aide municipale en 1933, 1934 et 1935[15]. Dans les circonstances, on ne se surprendra pas d’apprendre que c’est la question de la remédiation au chômage qui occupa l’agenda du maire Ferland. Même si la Dépression entraine la rupture de la capacité des organisations de charités confessionnelles à délivrer les services nécessaires, nous sommes encore à des années de la responsabilisation des gouvernements supérieurs par rapport aux chômeurs. Ainsi, à la fin de 1931, la Commission de chômage de Verdun[16] (CCV) est mise en place par la municipalité, appuyée par les organisations de charités. Toutefois, juste avant l’élection du maire Ferland, ceux-ci déclarent forfait et c’est maintenant la ville qui intervient seule. La CCV prend plusieurs formes durant ce premier mandat, mais, pour la majeure partie du temps, elle est composée d’un nombre plus ou moins important d’élus municipaux, avec le maire ou un échevin à sa tête[17]. Sur le fond, la mission de la CCV est de déterminer l’éligibilité des sans-travail aux bons et coupons échangeable dans les commerces de Verdun. Vers la fin de son mandat (et remporté de chaudes luttes), les chômeurs et les bénéficiaires du secours direct pourront avoir des chèques aux montants désignés. C’est la proportion de la contribution des gouvernements supérieurs et de la municipalité au financement des travaux et du secours qui est au cœur de toutes les tractations du maire et des échevins avec les gouvernements. La proportion tripartie était de 33 1/3 % en 1933, même si les municipalités avaient beaucoup moins de capacité à aller chercher ces ressources dans l’économie. Le maire Ferland cherche à obtenir un plafond de 10 % pour la ville, mais le mieux qu’il pourra faire est 20 % (40 %-40 % aux paliers supérieurs).
Nul n’est prophète en son pays
Une lecture sensible de l’actualité de l’époque nous montre un homme qui se démène sur plusieurs fronts afin de maintenir en équilibre une coalition aux intérêts disparates, qui s’entredéchirent à l’occasion, et une population qui en arrache. Sur un plan personnel, le maire Ferland semble s’être usé considérablement en voulant alléger le quotidien de ses concitoyens, puisqu’on la rapporte souvent malade ou convalescent. On le dit de tempérament « nerveux[18] » et certainement, durant ces deux premières années en tant que premier magistrat, les réunions du Conseil municipal sont souvent des occasions pour en découdre vigoureusement entre échevins et entre le maire et les échevins. Et qu’en est-il des citoyens? Dans le meilleur des cas, ils peuvent bénéficier d’un travail à Verdun même, mais, dans la plupart des cas, ils doivent s’exiler dans les villes autour. Alternativement, ils doivent avoir recours aux travaux publics arrachés par la municipalité aux paliers gouvernementaux supérieurs ou, dans le pire des cas, aux secours directs (The Dole, A Great Calamity)[19] elle aussi maintenant administrée par la ville. Mais en dernière analyse, les citoyens semblent reconnaitre son travail et lui confieront un second mandat. C’est ce que nous examinerons dans une troisième partie.
Note particulière
L’appellation de cette série fait référence au papier de John H. Taylor, Mayors à La Mancha—An Aspect of Depression Leadership in Canadian Cities (1981).
Début | Chronique | 1933 | 1934 | 1935 | Fin
Sources et références
Annuaire statistique de Québec, 1934, Collections de la BAnQ. <https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4782869>.
Annuaire statistique de Québec, 1936, Collections de la BAnQ. <https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4782871>.
Annuaires Lovell de Montréal et sa région, 1842-2010—>Montréal et sa banlieue—>Série principale (1842-1977)—>1930-1939–>1934-1935—>Business Directory, page 147/234. <https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/3652178>.
Clavette, Suzanne. « Des bons aux chèques : aide aux chômeurs et crise des années 1930 à Verdun ». UQAM, 1986. <https://uqam-bib.on.worldcat.org/oclc/756995856>.
Collin, Jean-Pierre. « Les stratégies fiscales municipales et la gestion de l’agglomération urbaine : le cas de la Ville de Montréal entre 1910 et 1965 ». Urban History Review 23, nᵒ 1 (1994): 19‑31. <https://doi.org/10.7202/1016694ar>.
Davidson, Mary H. « The Social Adjustment of British Immigrant Families in Verdun and Point St. Charles ». Master of Arts, McGill University, 1933. <https://escholarship.mcgill.ca/concern/theses/8w32r937z>.
Déziel, Julien. Essai d’histoire de Verdun - 1665 - 1876-1976. Comité du centenaire, 1976. <https://archive.org/details/essaidhistoirede0000dezi>.
Graham, John R. « Lessons For Today: Canadian Municipalities and Unemployment Relief During the 1930s Great Depression ». Canadian Review of Social Policy, nᵒ 32 (1995): 1‑18. <https://www.jstor.org/stable/45407375>.
Loi amendant les statuts refondus, 1909, relativement à la division territoriale de la province. Sanctionné le 29 décembre 1922 [13 GeoV Chapitre 13].
Maloney, Mark. Toronto Mayors: A History of the City’s Leaders. Dundurn, 2023, 420 pages. Consulté pour le chapitre sur le maire Jimmy Simpson. <https://tinyurl.com/vntw897y>
Pineault, Stéphane. « Rapports de pouvoir et enjeux métropolitains dans l’agglomération montréalaise, 1920-1961 : les problèmes de l’organisation institutionnelle, de la planification du territoire et du transport des personnes. » Phd, Université du Québec, Institut national de la recherche scientifique, 2000. <https://espace.inrs.ca/id/eprint/9/>.
« rue Gilberte-Dubé ». Ville de Montréal --Répertoire historique des toponymes. <https://montreal.ca/toponymie/toponymes/rue-gilberte-dube> (29 mai 2026).
« rue Henri-Duhamel ». Ville de Montréal --Répertoire historique des toponymes. <https://montreal.ca/toponymie/toponymes/rue-henri-duhamel> (28 mai 2026).
Taylor, John. « “Relief from Relief” : The Cities’ Answer to Depression Dependency ». Journal of Canadian Studies 14, nᵒ 1 (1979): 16‑23. <https://doi.org/10.3138/jcs.14.1.16>.
Taylor, John H. « Mayors à La Mancha : An Aspect of Depression Leadership in Canadian Cities ». Urban History Review 9, nᵒ 3 (1981): 3‑14. <https://doi.org/10.7202/1019296ar>.
Vigod, B. L. « Ideology and Institutions in Quebec: The Public Charity Controversy 1921-1926 ». Histoire sociale/Social History 11, nᵒ 21 (1978): 167-182. <https://hssh.journals.yorku.ca/index.php/hssh/issue/view/2220>.
Vigod, B. L. « The Quebec Government and Social Legislation during the 1930s: A Study in Political Self-Destruction ». Journal of Canadian Studies 14, nᵒ 1 (1979): 59‑69. <https://doi.org/10.3138/jcs.14.1.59>.
Les équivalents en dollars d’aujourd’hui (2026) ont été obtenu par l’utilisation de la feuille de calcul de l’inflation de la Banque du Canada. <https://tinyurl.com/bdp72jey>
Source de la photo du bâtiment Wood Hall : le site Web Verdun Connections. <https://verdunconnections.blogspot.com>
Début | Sources et références | 1933 | 1934 | 1935 | Fin
Chronique du premier mandat
Maire Hervé Ferland — Période du 21 avril 1933 au 1e avril 1935 — À moins d’une mention contraire, la source d’information est l’hebdomadaire The Guardian. Les dates correspondent à l’édition dans laquelle l’information apparaît.
Selon la Loi modifiant la charte de la cité de Verdun [23 GeoV Chapitre 124 (1933)], celui qui occupe le siège 1 est élu exclusivement par les citoyens-propriétaires de ce quartier et occupe d’office un poste au comité exécutif, qui contrôle les finances de la ville. Le maire est d’office à la tête de ce comité. Les quartiers sont définis dans la loi qui érige Verdun en municipalité de ville [7 EdVII Chapitre 73 (1907)]. Cinq ans plus tard à peine, en 1912, preuve de sa croissance fulgurante, la ville est érigée en municipalité de Cité [3 GeoV Chapitre 61]. Un facteur important et méconnu dans la vie municipale de Verdun est que depuis 1921, elle fait partie des quinze municipalités intégrées à la Communauté métropolitaine de Montréal. Cette organisation de planification et de gestion pan-montréalaise est créer par la « Loi constituant en corporation la Commission métropolitaine de l’île de Montréal » [11 GeoV Chapitre 140].
Durant ce premier mandat du maire Ferland, le conseil municipal de la Cité de Verdun est composé des édiles nommées ci-après. Ils sont indépendants du maire et ne sont affiliés à aucun parti politique, comme cela était la tradition à cette époque, même dans les grandes villes comme Verdun (Montréal étant l’exception). Le maire Ferland lui-même se disait affilié au nouveau parti CCF, mais au mieux que nous pouvons déterminer, cette affiliation semble autoproclamée, et ne se répète pas par la suite.
Quartier 1, siège 1 : Omer Bombardier; siège 2 : Walter Smith
Quartier 2, siège 1 : Maxime Lafrance; siège 2 : Edgar Jules Wermenlinger
Quartier 3, siège 1 : Camille Dansereau; siège 2 : Alfred Glew
Quartier 4, siège 1 : Paul Lalonde; siège 2 : Henry J. Garrity
Début | Sources et références | Chronique | 1934 | 1935 | Fin
1933
Abbreviations: CCF : Co-operative Commonwealth of Canada ; CCM : Commission métropolitaine de Montréal ; CCV : Commission de chômage de Verdun ; VLU : Verdun Labour Union (l’Union des travailleurs de Verdun) ; VVL : Verdun Voters’ League ; VWA : Verdun Workmen’s Association ;
À moins de mention contraire, le « Conseil » fait référence au conseil municipal de Verdun. Le montant entre crochets [$$$] représente le montant en dollars de 2026 tel que calculé avec la feuille de calcul de l’inflation de la Banque du Canada.
jeudi 20 avril 1933 (jour de l’élection) : Joseph Hervé Ferland est élu maire de la Cité de Verdun ; se proclame être le premier maire représentant le parti Co-operative Commonwealth of Canada (CCF) à occuper ce poste.
vendredi 28 avril 1933 : Dans un éditorial intitulé « Mayor Ferland Is Popular », on signale que le maire a reçu le plus large vote populaire à ce jour ; que le nouveau maire est populaire et qu’il a la chance d’avoir un nouveau Conseil (six des huit membres) ; qu’il possède sa place d’affaires à Verdun ; qu’il a promis de rendre toutes les séances du Conseil ouvertes au public et d’abolir la réglementation interdisant l’ouverture en soirée des commerces ; dans un autre éditorial, un appel à la vigilance est lancé, car c’est la saison des feux de broussailles dans les nombreux terrains vacants de la ville ; les Verdunois sont invités à aller voir le « Royal Scot crack train » à la Gare Windsor.
Début | Sources et références | Chronique | 1934 | 1935 | Fin
jeudi 4 mai 1933 : Lors d’une première séance du Conseil après les élections, le maire Ferland est nommé à la Commission métropolitaine de Montréal (CMM) et l’échevin Bombardier est élu maire suppléant pour trois mois ; la Chambre de commerce de Verdun, pour souligner l’élection du maire Ferland et du nouveau Conseil, prépare un grand banquet à l’Hôtel Windsor de Montréal.
jeudi 11 mai 1933 : Grande foule lors de la première réunion du Conseil où le maire Ferland préside ; l’échevin Garrity demande que Québec suspende immédiatement l’amendement créant le comité exécutif ; Ferland s’y oppose ; les efforts de la Verdun Voters’ League (VVL) portent fruit : Verdun aura sa propre circonscription fédérale ; dans un rapport, le vérificateur provincial affirme que la Commission de chômage de Verdun (CCV) administre bien le secours direct, mais relève plusieurs cas de personnes qui reçoivent ce secours sans vraiment répondre aux critères.
jeudi 25 mai 1933 : Séance du Conseil tenue dans une atmosphère de désordre et d’hostilité ; la police est appelée et expulse un citoyen, parce que le comité exécutif a mis fin à l’emploi d’un employé anglophone ; l’échevin Garrity accuse le maire Ferland de discrimination contre les résidents anglophones de la ville ; le YMCA (localisé au 1000, avenue Gordon) honore avec un portrait le constable Patrick Keogh, décédé en service (1932) et grand ami des garçons du Y.
[image 33-05-25] Durant ce premier mandat du maire Ferland, les frasques de l’échevin Garrity le conduiront souvent en page titre, presque toujours en tant que « frenemi » du maire Ferland. | The Guardian, page frontale, le jeudi 25 mai 1933.
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jeudi 1e juin 1933 : Lors d’une séance du Conseil, on apprend que, sur ordre du premier ministre Taschereau, il sera maintenant interdit de payer les loyers avec l’argent de l’aide aux chômeurs (les sommes étaient données directement aux propriétaires) ; de plus, la Commission métropolitaine de Montréal (CCM) refuse son assentiment aux idées de Verdun pour équilibrer son budget.
jeudi 15 juin 1933 : Séance du Conseil remplie à craquer ; le public assiste à une joute oratoire entre le maire Ferland et l’échevin Garrity ; la Commission de chômage de Verdun (CCV) demande à pouvoir opérer de manière indépendante ; le conseil refuse au Parti socialiste travailliste du Canada un permis pour une assemblée en plein air ; J. S. Woodsworth, député fédéral et chef de la CCF (le maire Ferland était un candidat autoproclamé de la CCF [Co-operative Commonwealth of Canada]), fait une courte visite à Verdun.
jeudi 22 juin 1933 : Le YMCA de Verdun, du 3 au 29 juillet, va tenir une « université d’été », avec cours pour garçons : campcraft, game skills, elementary engineering and aeronautics; swimming in the afternoon, hikes, treasure hunts, mass games, trips, games and tournaments; 25 cents [6 $] pour les membres et 75 cents [18 $] pour les non-membres ; « provides the answer to the problem of keeping boys off the streets. » ; en éditorial, « Careless Bicyclists ».
jeudi 29 juin 1933 : Pour des travaux publics aux chômeurs dans Verdun, Québec accorde 246 000 $ [5 876 000 $] ; la part du fédéral ne doit pas tarder ; le maire Ferland s’adresse à un « monster rally » de 8 000 citoyens au parc Woodland au sujet du chômage ; aucun autre représentant élu ne se présente ; le maire Ferland évoque le besoin de créer un poste de « City Manager » ; une parade dans Verdun d’un groupe fasciste est interdite par le maire Ferland [A].
[A] Pour en apprendre davantage sur le fascisme d’essence canadienne et québécoise durant les années 1930, on consulte, de Lita-Rose Betcherman, The Swastika and the Maple Leaf et de Jean-François Nadeau, Adrien Arcand, Fürhrer canadien. Le Centre des mémoires montréalaises (MEM) y consacre aussi un dossier, mais cette fois spécifiquement sous l’angle de la communauté italienne.
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jeudi 6 juillet 1933 : Pour les chômeurs pris en charge par la CCV, le paiement de 25 % du loyer, jusqu’à concurrence de 5 $ [119 $], est approuvé rétroactivement au 1er mai 1933, malgré l’ordre de Québec de cesser ce type de paiement ; les bons et les coupons distribués aux chômeurs peuvent maintenant être échangés dans tous les commerces du territoire de Verdun ; le maire Ferland se rend à Québec et revient avec la promesse d’un montant global de 500 000 $ [11 944 000 $] pour des travaux publics, à condition qu’Ottawa verse sa part.
[image 33-07-06A] Le texte sous cette photo présente le programme de travaux publics de 500 000 $ [11 944 000 $], financé à parts égales par le fédéral et le provincial, comme un fait accompli, ce qui est loin d’être le cas. | The Guardian, page frontale, le jeudi 6 juillet 1933.
[image 33-07-06B] John A. Sullivan, le député fédéral pour la circonscription Verdun-St-Anne, a beau soutenir le programme de 500 000 $ [11 944 000 $] réclamé par Verdun pour ses travaux publics, en tant que député de l’opposition, il ne peut pas vraiment en garantir le paiement. | The Guardian, page frontale, le jeudi 6 juillet 1933.
jeudi 13 juillet 1933 : Des centaines de citoyens se présentent lors d’une séance régulière du Conseil afin de connaitre les progrès concernant les nouveaux travaux publics ; les deux députés fédéraux de Verdun sont hués suite à leurs incapacités à donner un engagement ferme ; le maire Ferland affirme qu’il prendra la tête d’une marche sur Ottawa et conclut : « I said that six months after I assume office there would be no more direct relief but work—and work, we want and work we will get. »
jeudi 20 juillet 1933 : Dans un texte encadré en haut de la première page, le maire Ferland demande aux citoyens, durant cette période de crise, de s’abstenir d’inciter aux troubles, « to keep the good name of their city. » ; l’appel du maire est répété en français à l’intérieur des pages du journal ; sur les ondes de la station de radio CHLP, Verdun entreprend une campagne sous le thème : « Verdun as a good place in which good citizens have come to live […] one of Montreal’s best suburban places offering congenial surroundings […] ».
[image 33-07-20A] Un avertissement à la population, qui est dit long sur les dessous de la misère. Même s’il est écrit que les violations seront « severely dealt with », de telles infractions ne relevaient pas du Code criminel. | The Guardian, page frontale, le jeudi 20 juillet 1933.
[image 33-07-20B] Le maire Ferland s’adresse à ses citoyens en français, concertant la façon particulière de calculer la taxe d’eau. On remarque que durant cette période, la CCM faisait les recommandations en termes de loyer. | The Guardian, page frontale, le jeudi 20 juillet 1933.
[image 33-07-20C] Un appel au calme de la part du maire, « H. Ferland » (en anglais en page titre et ensuite, publié en page trois, une traduction dans un français manifestement boiteux). Cela n’épargnera pas à la ville un automne particulièrement chaud. | The Guardian, page frontale et page trois, le jeudi 20 juillet 1933.
[image 33-07-20D] — Pour l’amusement des petits et grands, sous les auspices de l’assistance maternelle de Verdun et de la Verdun Ladies Aid (même groupe?). Le maire et les échevins contribuent aussi. Le parc Rhéaume était probablement près de la rue du même nom, mais où, exactement? Sur le terrain de ce qui est maintenant le parc Arthur-Therrien? Je pensais que ce terrain était encore un dépotoir à cette époque. Voilà un autre mystère urbain à résoudre! Hoop-la ! Watch-la ? | The Guardian, page 4, le jeudi 20 juillet 1933.
jeudi 27 juillet 1933 : Sous le titre : « Mayor Ferland to leave soon for vacation », on lit que suite à trois mois de travail ardu, « Ferland suffered a severe breakdown in health that necessitated removal to Verdun General Hospital for treatment. » Toujours selon le même article, le maire Ferland est « Known as a Worker » par ses amis qui le perçoivent comme un « human dynamo » ; ce matin, plus de 2,050 hommes sont mis à l’ouvrage sur des travaux publics d’une valeur de 246 000 $ [5 876 000 $] commandé par la ville ; des grévistes perturbent les travaux pour demander de vrais « wages—not sweatshop gratuities ».
[image 33-07-27] Ce « schedule » donne une idée de la compensation hebdomadaire qu’un homme, participant aux travaux publics, pouvait espérer recevoir (selon le nombre de personnes à sa charge). Le revenu minimum nécessaire pour une famille de cinq personnes était de presque 16 $ [382 $], en décembre 1933; 40 cents équivaut à [9,60$]. Voir Annuaire statistique (1934), p. 428, Tableau 35 — Dépense hebdomadaire typique pour une famille de cinq personnes, en aliments de consommation générale, combustible, éclairage et loyer, en termes de la moyenne des prix dans soixante-neuf villes du Canada. | The Guardian, page frontale, le jeudi 27 juillet 1933.
Début | Sources et références | Chronique | 1933 | 1934 | 1935 | Fin
vendredi 4 août 1933 : Verdun veut taxer les compteurs de gaz à 1 $ [24 $] par an et les téléphones en usage pour 2 $ [48 $] ; Verdun lance un appel d’offres pour le privilège « of picking objects from the City Dump […] The City does not bind itself to accept the lowest or any tender. »
[image 33-08-04] Une vérité essentielle illustrée ici sous la forme d’une soumission ouverte à tous : Les détritus des uns sont la matière première des autres. Il est généralement accepté que le dépotoir de Verdun se trouvait le long du fleuve, de la rue de l’Église jusqu’aux limites est de la ville, mais cette histoire reste à faire. | The Guardian, page frontale, le vendredi 4 août 1933.
jeudi 10 août 1933 : Le maire Ferland prend du repos en Gaspésie, à Percé et « is quite recovered from his health breakdown » ; la ville s’en va vers un déficit de 120 000 $ [2 866 000 $], tandis que celui de l’année dernière était de 40 000 $ [955 000 $] ; afin de protéger leurs potagers du vol, leurs propriétaires doivent organiser des patrouilles de surveillance la nuit.
jeudi 17 août 1933 : Dans une lettre ouverte publiée en page frontale, le maire Ferland dit savoir qu’une fraction des hommes engagés aux travaux publics est insatisfaite de la façon de les payer et qu’il n’est pas facile de faire travailler 2 500 hommes « without any misconceptions » [sic] ; Québec refuse de payer la taxe d’eau des sans-emploi, entrainant un déficit de 19 113 $ [457 000 $] ; la ville doit alors faire appel à la CMM ; Verdun demande encore une fois aux gouvernements de ne pas avoir à payer plus de 20 % des travaux publics et non plus 33,3 %, comme maintenant.
[image 33-08-17] Le retour des vacances s’annonce ardu pour le maire Ferland. | The Guardian, page frontale, le jeudi 17 août 1933.
jeudi 24 août 1933 : Dette de 270 000 $ [6 450 000 $] pour l’Hôpital de Verdun ; taverns in Verdun?
jeudi 31 août 1933 : Québec refuse de modifier l’entente tripartite (fédéral-provincial-municipal) et de donner plus pour les travaux publics ; il y a rumeur d’une usine de béton à Verdun.
Début | Sources et références | Chronique | 1933 | 1934 | 1935 | Fin
jeudi 7 septembre 1933 : Première parution en page frontale de la colonne hebdomadaire The LOUDspeaker, où un journaliste anonyme fait la chronique des rumeurs verdunoises dans un style « talk of the town » ; le jour de la fête du Travail, plus de 10 000 spectateurs assistent, autour du quai de la Tortue dans l’ouest de Verdun, au premier « swimming meet » annuel.
[image 33-09-07] La sirène de l’avenue Bannantyne, couronnée après le City of Verdun First Annual Swimming Meet. | The Guardian, page frontale, le jeudi 7 septembre 1933.
jeudi 14 septembre 1933 : Sous le titre MOB ACTION OBTAINS GOAL, on apprend qu’un groupe d’environ 1 000 chômeurs, composé de membres de la Verdun Labour Union (VLU — l’Union des travailleurs de Verdun) et de la Verdun Workmen’s Association (VWA), se rend chez l’échevin Omer Bombardier et demandent à continuer à l’emploi des travaux publics jusqu’à l’épuisement des fonds ; Bombardier leur demande d’attendre le retour du maire Ferland, présentement à Chicago pour assister au congrès de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) ; autorisation de la CMM pour un prêt ne pouvant pas dépasser 27 000 $ [639 000 $] afin d’assister les sans-emploi de Verdun.
[image 33-09-14] Cette « Public Notice » illustre bien le processus laborieux qu’une municipalité, même la troisième ville au Québec, doit suivre afin d’emprunter pour venir en aide à ses sans-emploi. | The Guardian, page frontale, le jeudi 14 septembre 1933.
jeudi 21 septembre 1933 : Le commerce du maire Ferland, situé au 4611, rue Wellington (maintenant la Maison de thé cha noir), est endommagé par le feu et l’eau ; l’incendie est d’origine inconnue et a débuté au deuxième étage ; plusieurs milliers de dollars en dommage.
jeudi 28 septembre 1933 : Grande foule au dernier Conseil ; les questions de taxation des services (gaz/téléphone) et de l’opportunité d’ouvrir des tavernes à Verdun ont été longuement débattues ; on annonce une délégation pour aller discuter à Québec avec le premier ministre Taschereau (qui est aussi le ministre des Affaires municipales).
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jeudi 5 octobre 1933 : Durant le dernier Conseil, la Commission de chômage de Verdun (CCV) remet sa démission en bloc ; le maire Ferland affirme que la solution est une nouvelle commission financée entièrement par le fédéral ; dans un autre incident, le maire Ferland et deux échevins sont rappelés à l’Hôtel de Ville par une délégation organisée de sans-emploi qui craignent la fin prochaine des travaux publics ; ils veulent prendre des camions de la ville pour aller à Ottawa ; on commence à parler de la création d’une commission industrielle à Verdun ; en éditorial : « Let’s make Verdun a City of Work. After all, the people want work, not charity ».
[image 33-10-05] L’objectif de faire venir des usines à Verdun afin d’avoir du travail pour sa population est un thème récurant tout au long du premier mandat du maire Ferland. | The Guardian, page frontale, le jeudi 5 octobre 1933.
jeudi 12 octobre 1933 : Dans une lettre en première page, un certain J. A. Bailey « challenge » le maire Ferland à un débat public, à savoir « whether you have betrayed the working classes of Verdun or not » ; lors d’une rencontre de la Verdun Workmen’s Association (VWA) à laquelle le maire Ferland assiste, ce dernier est tour à tour « cheered and ‘booed’ by the unemployed » ; The Guardian reçoit plusieurs lettres d’appui en faveur d’une commission industrielle.
jeudi 19 octobre 1933 : « Stormy Scenes in Verdun », titrait le journal (voir au début de ce texte) ; le premier ministre de la province affirme que Verdun ne doit pas s’attendre à plus d’aide ; la création d’une commission industrielle pour Verdun est appuyée par des personnes bien connues localement : P. A. Lafleur, MLA (député provincial), Lyon W. Jacobs (avocat, KC), Henry Hadley (ingénieur en chef de la ville), J. P. Dupuis (de J. P. Dupuis ltd, bois et matériaux de construction), Alderman [Camille] Dansereau (échevin), R. Scurrah (futur échevin), Charles Tarr (Tarrs Beauty Parlor), Alderman [Edgar Jules] Wermenlinger (échevin et futur député fédéral conservateur), J. O. Dufort (propriétaire d’un commerce de vêtement et surtout président de la chambre de commerce) et Mr Perkins (gérant de Valiquette Furniture Company, coin sud-est de la rue Wellington et de l’avenue Willibrord).
[image 31-04-17] Deux ans auparavant en page frontale, cette photo paraissait pour souligner l’ouverture du Valiquette Furniture Company. Le bâtiment à l’architecture distinctive existe toujours. | The Guardian, page frontale, le vendredi 17 avril 1931.
jeudi 26 octobre 1933 : Le premier ministre Taschereau appuie la création d’une commission industrielle afin de faciliter l’emploi dans Verdun ; proposition pour la création d’un comité de vigilance civique regroupant plusieurs organisations d’entraide non confessionnelle de Verdun ; le groupe de 48 personnes arrêtées lors du « soir de la matraque » plaide non coupable ; la cause est reportée au 15 novembre ; en éditorial, Case for Borough System : « Today, perhaps as never before, a crying need for the amalgamation of all municipalities on the island of Montreal. » ; selon l’éditorial, cela permettrait aussi d’égaliser les coûts écrasants des secours directs, maintenant assumé individuellement par chaque municipalité.
[image 33-10-26] Dans cet éditorial, on rappelle au lecteur que, parfois, l’union dans l’autonomie peut être une source d’avancement. | The Guardian, page quatre, le jeudi 26 octobre 1933.
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jeudi 2 novembre 1933 : Le comité de vigilance public : « Every right-thinking citizen is getting behind the move », mais cette initiative n’ira nulle part ; Taschereau donne le feu vert pour l’élargissement et le pavage du boul. Lasalle, dans le cadre des travaux publics ; la ville annonce un programme de retour au pays « for any native of the Old Country on relief in Verdun ».
[image 33-11-02] Il faut se décider vite, puisque la saison des traversées de l’Atlantique vers l’Angleterre va bientôt fermer, dû à l’hiver. | The Guardian, page deux, le jeudi 2 novembre 1933.
jeudi 16 novembre 1933 : On souhaite que la route d’accès au nouveau pont Caughnawaga (Mercier) passe par Verdun ; la dernière séance du Conseil adopte une date pour le référendum sur les tavernes (le 23 décembre) et nomme J. R. (Joseph Rienzo) French au poste de trésorier de Verdun avec un salaire annuel de 6 000 $ [142 000 $] ; le « Recorder » Billette (un juge municipal à la « Cour du recorder », l’équivalant de la Cour municipale aujourd’hui) renvoie au 23 novembre la cause des 48 personnes arrêtées lors du « soir de la matraque ».
jeudi 23 novembre 1933 : Conférence sur le secours direct à Québec avec le premier ministre Taschereau ; le maire Ferland y discute du paiement par chèque (et non par bons et coupons) des bénéficiaires du secours directs et des travaux publics ; des organisations d’aide aux chômeurs notent la montée d’opinions défavorables au maire Ferland.
jeudi 30 novembre 1933 : Lors du Conseil, l’échevin Garrity plaide pour du « British justice and fair play » lorsque l’échevin Bombardier propose que chaque employé de la ville en contact avec le public puisse s’exprimer autant en français qu’en anglais ; en réponse, le maire Ferland réplique : « Race cry! » ; l’échevin Dansereau reproche au maire Ferland d’être dépensier ; la date du référendum sur les tavernes est changée pour le 21 décembre ; dans un éditorial contre les tavernes, on constate : « If it [l’argent] goes into the tavern, it cannot also go into the homes » ; sur la question des 48 personnes arrêtées lors du « soir de la matraque », le 18 octobre dernier, il n’en sera plus jamais mention dans The Guardian ; voilà une autre enquête historique à faire.
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jeudi 7 décembre 1933 : Le pire feu en 20 ans dans Verdun entraine la mort de 3 personnes (deux femmes et une enfant de dix-huit mois) en plus de causer la destruction de 6 bâtiments ; tous les officiels et les élus de la ville participent aux funérailles ; le journal publie en page frontale la lettre d’un électeur qui se moque du style dépensier du maire Ferland et, pour la première fois, utilise le mot « dictatorship » pour qualifier son administration ; la Women’s Christian Temperance Union et « many prominent citizens » commencent leurs campagnes contre les tavernes à Verdun.
vendredi 15 décembre 1933 : Devant un large public, débat en Conseil entre le maire Ferland et l’échevin Garrity sur la question d’un inspecteur en bâtiment ; l’échevin Garrity propose un nouveau règlement pour des murs pare-feu à tous les 25 pieds (la largeur typique d’un lot traditionnel sur lequel se construisait un duplex ou triplex) ; il est décidé que le référendum sur les tavernes se tiendra « in houses », c.-à-d. dans des maisons de particuliers ? On crée une station de taxis sur l’avenue Galt, à intersection de la rue Wellington ; la Chambre de commerce de Verdun s’oppose au paiement par chèque des bénéficiaires du secours directs et des travaux publics, puisque, selon elle, il y a trop de risque que les hommes puissent « boire » l’argent au lieu d’en faire profiter leurs familles.
vendredi 29 décembre 1933 : Sans grande surprise, les électeurs verdunois rejettent les tavernes ; Verdun restera une ville « dry » ; l’échevin Dansereau provoque la fureur de l’échevin Garrity en demandant publiquement en Conseil si la CCV siège illégalement, puisque celle-ci n’est composée que de trois élus municipaux : les échevins Garrity et Glew, avec le maire Ferland à sa tête ; dans la chronique The LOUDspeaker, on félicite le maire sur l’arrivée « [of] a lovely baby daughter… ».
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1934
Abbreviations : CCF : Co-operative Commonwealth of Canada; CCM : Commission métropolitaine de Montréal; CCV : Commission de chômage de Verdun; VLU : Verdun Labour Union (l’Union des travailleurs de Verdun); VVL : Verdun Voters’ League; VWA : Verdun Workmen’s Association;
À moins de mention contraire, le « Conseil » fait référence au conseil municipal de Verdun. Le montant entre crochets [$$$] représente le montant en dollars de 2026 tel que calculé avec la feuille de calcul de l’inflation de la Banque du Canada.
jeudi 4 janvier 1934 : On signale que les sans-emploi dérobent le bois des clôtures afin de chauffer leurs familles.
jeudi 25 janvier 1934 : Avec l’idée de faire des économies, la ville congédie dix employés.
jeudi 8 février 1934 : Dans une lettre ouverte publiée en page frontale, un citoyen conteste, exemple à l’appui, l’affirmation « Mayor Ferland says nobody starving in Verdun » [sic] ; le chef de police Dubeau avertit les citoyens d’une fraude qui se répand : un homme qui veut louer un logement ou une chambre donne un chèque qui couvre plus que le montant nominal et demande le paiement comptant de la différence ; le chèque est sans fond.
jeudi 15 février 1934 : Après négociation, la MLH&P accepte de faire passer de 378 000 $ [8 700 000 $] à un million de dollars [1 000 000 $] l’évaluation de sa propriété, pour dix ans ; l’évaluateur de la ville demandait 2,5 millions [58 000 000 $] ; en vue des amendements annuels à la charte de Verdun, une délégation, le maire Ferland à sa tête, se rend à Québec afin de démontrer la solidarité du Conseil contre la nécessité d’un Conseil exécutif élu exclusivement par les propriétaires ; un éditorial souligne l’anniversaire des quinze ans du décès de Wilfrid Laurier.
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jeudi 1e mars 1934 : La police disperse plus de huit cents hommes de la VWA qui s’apprêtaient à marcher sur la maison du maire Ferland, « the working man’s mayor »; dans une lettre au centre de la page frontale signée par « Cameronian » (une référence écossaise), l’auteur s’insurge contre une déclaration du maire Ferland, qui aurait affirmé à la radio que « [N]obody in Verdun requires to go hungry or without [c]oal », et l’auteur de conclure avec le fameux dicton : « You can fool some of the people all of the time and all of the people some of the time, but you can’t fool all of the people all of the time. »
vendredi 16 mars 1934 : Le maire Ferland, deux anciens maires, et tout ce que Verdun compte de notable étaient présents mardi à Wood Hall lors d’une fête pour souligner le soixantième anniversaire de Casimir Allard, l’ex-échevin ayant siégé vingt ans (la rue qui porte son nom est en sa mémoire); la ville annonce qu’à moins d’aide supplémentaire des gouvernements supérieurs, elle devra discontinuer sa part des secours directs à partir du 1er avril; personne ne se rappelle la dernière fois qu’un maire de Verdun a utilisé son pouvoir de veto en Conseil, mais c’est ce que le maire Ferland fait, causant un choc visible dans le public présent, concernant une subvention de 249 000 $ [5 730 000 $] à l’Hôpital général de Verdun.
[image 34-09-21] À une époque où les photos étaient plutôt rares, surtout pour le citoyen ordinaire, la fréquence à laquelle The Guardian publiait celle de Casimir Allard témoigne du pouvoir qu’il exerçait dans la cité, même après son mandat électif. Ici, quelques mois plus tard, on le voit avec l’ancien (juste avant Ferland) maire, Charles Allen, lors d’un rassemblement combiné du parti Libéral fédéral et provincial. | The Guardian, page frontale, le vendredi 21 septembre 1934.
[image 34-03-16] La fameuse salle de danse et de divertissement Wood Hall, au 211, avenue Gordon, sur une photo de 1945 (l’architecture un peu particulière est expliquée à [image 34-04-05]; le bâtiment accueillera plus tard, tour à tour, les bureaux des stations de radio CKVL et CKOI. Démoli dans la première décennie des années 2000, ce sont maintenant des condominiums qui occupent cette adresse.
jeudi 22 mars 1934 : Dans une lettre ouverte, l’échevin Omer Bombardier demande au maire Ferland de clarifier certaines affirmations faites à l’encontre de certains échevins (dont lui) lors de son veto à la subvention de l’hôpital.
jeudi 29 mars 1934 : Dans une lettre publiée en page frontale, le député de la circonscription fédérale de St-Ann-Verdun, John A. Sullivan, affirme : « Although representing only one half of the City of Verdun, I am always looking after the interests of the whole City and have just obtained a cheque of $118 000 [2 716 000$] for Verdun, which has been sent to-day according to the relief agreement. »
[image 34-03-29] Il n’est pas clair, ni dans la lettre, ni dans les articles publiés dans The Guardian, de quel accord il est question ici. Et curieusement, pour une aussi large somme du fédéral, cette lettre n’est accompagnée d’aucun message de remerciement ou même de commentaire du maire Ferland. | The Guardian, page frontale, le jeudi 29 mars 1934.
[image 34-04-05] On parle ici du fondateur de la salle Wood Hall. Le site Web Verdun Connections, qui donne une perspective toute personnelle sur la vie à Verdun à une autre époque, publiait ces quelques photos autour de la famille Woodall. On y apprend que les étages supérieurs du bâtiment étaient loués à des clubs et des associations fraternelles, qui vivent en effet à Verdun (et ailleurs), durant les décennies 1930-40, leurs âges d’or. | The Guardian, publié en bas à gauche de la page frontale, le jeudi 5 avril 1934.
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jeudi 12 avril 1934 : Le propriétaire du Park Theatre, rue de l’Église, S[amuel] J[ohn] Dunning, de son vrai nom Samuel Jacob Aronsberg [19 GeoV, chapitre 154 (1929)], annonce l’ouverture prochaine d’une nouvelle salle (avec une « first run picture policy ») à l’intersection de la rue Wellington et de la cinquième avenue.
vendredi 27 avril 1934 : À l’Hôtel de Ville, devant une salle du conseil pleine à craquer et de « thousands » dans la rue, le maire Ferland présente, en français, le nouveau maire élu de Montréal, Camillien Houde ; l’échevin Garrity fait de même en anglais ; leurs discours sont retransmis sur des hautparleurs et sur les ondes de la radio CHLP ; à la CMM, le maire Ferland propose l’échevin W. H. Biggar de Notre-Dame-de-Grâce comme nouveau président, ce qui est accepté et il demande aussi d’autoriser pour Verdun un prêt sur 50 % de la valeur anticipée des taxes, ce qui est aussi accepté; en éditorial, on apprend que le maire Ferland démissionne en tant que président de la CCV, affirmant ne pas avoir la confiance de ses collègues sur le Conseil dans cette tâche—l’échevin Dansereau dit ne pas vouloir du « dictatorship » du maire sur le secours direct.
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vendredi 11 mai 1934 : Encore une autre lettre ouverte en page frontale propose que Verdun intensifie ses efforts pour accueillir un secteur industriel; l’échevin Garrity remplace le maire Ferland à la tête de la CCV.
[image 34-05-11] Comme (presque) chaque année durant cette décennie, au début du mois de mai (le 1e mai étant le moment des déménagements et Verdun étant une ville de locataires), The Guardian consacre deux pages (4-5) de publicité afin que les marchands, les professionnels et même les élus puissent ainsi se faire connaître à cette nouvelle population. Avec des arguments classiques du type « Why take your money out of our city when as good service and prices prevail in your immediate vicinity? » Faut-il dire autre chose pour convaincre? | The Guardian, publié page quatre, le vendredi 11 mai 1934.
vendredi 25 mai 1934 : Dans un encadré au centre de la page frontale, on remarque que les marchands de Toronto prospèrent et qu’ils peuvent ouvrir « in the evenings, during the week. » ; l’auteur demande alors : « Verdun is the leader in inaugurating the ‘late closing’ of stores, why not go a little further and completely rescind the early closing by-law? Verdun leads—others follow. » [!]
[image 34-05-18] Publicité qui annonce l’ouverture de la deuxième saison au « Verdun Boardwalk Dance Pavilion »; « Dance as your Doctor Prescribes It ». Le remède miracle par excellence. | The Guardian, publié à la page huit, le vendredi 18 mai 1934.
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vendredi 1e juin 1934 : Le président de la CMM, W. H. Biggar, affirme que Verdun est en très mauvaise posture financière; le seul point de baignade public autorisé pour l’été est le quai « Latortue »; les uniformes d’été de la police de Verdun sont conçus et faits par Howard J. Warr, tailleur local; les sans-emploi sont heureux d’apprendre que Québec autorise la reprise des travaux publics non terminés dans la ville, ce qui permet d’employer environ 90 hommes, dont une soixantaine à « placing of new pavements on Joseph Street between Atwater and Caisse avenues », une quinzaine à « extending the fire alarm system on Wellington Street between Melrose and Beatty avenues », un projet très attendu par les gens de ce secteur, et finalement, une quinzaine d’hommes dans un autre « project that has long been felt necessary », soit « the leveling of Hospital park, along the Boardwalk », probablement derrière l’hôpital de Verdun; tous ces travaux doivent être exécutés pour le 1e juillet.
[image 34-06-01A] La CMM veut que des comptables externes procèdent à la vérification des comptes de Verdun et aussi que son propre personnel puisse faire de même; c’est dans ce contexte que le maire Ferland sent le besoin « [to] informed all and sundry », mais particulièrement le président de la CMM, l’échevin W. H. Biggar, qu’il est « the Mayor of Verdun. »; dans son langage coloré, il affirme : « Our situation is not as bad as that of many another municipality. We are even better-off, financially speaking. If there is a nigger-in-the-wood-pile, I want to uncover it— ». | The Guardian, publié en page frontale, le vendredi 1e juin 1934.
[image 34-06-01B] Alderman Dansereau, l’autoproclamé « Watch Doc of the City Council », un des échevins souvent nommés explicitement comme étant opposé aux initiatives et au style du maire Ferland; ici il s’occupe spécifiquement du « mixed-up » dû au prêt immédiat de 165 000 $ [3 886 000$] et l’autre de 15 000 $ par an pour cinq ans (75 000 $) [1 766 000$], voté à l’unanimité par le Conseil au bénéfice de l’hôpital de Verdun; dans le futur, on s’attend à ce que Québec ramasse la facture. | The Guardian, publié en page frontale, le vendredi 1e juin 1934.s
vendredi 8 juin 1934 : La VVL exprime le désir de voir la nouvelle autoroute vers le pont Caughnawaga (Honoré-Mercier) traversé Verdun au bénéfice de la communauté et souhaite aussi que le pont charge un péage fixe.
vendredi 15 juin 1934 : La CCV insiste pour que les hommes soient disposés à travailler aux travaux publics municipaux afin de recevoir l’argent; on demande aux gouvernements supérieurs de déterminer cette question une fois pour toutes, dès que possible.
vendredi 22 juin 1934 : Malgré les rumeurs persistantes d’élections fédérales pour l’automne (1934), le résultat des élections partielles en Ontario et en Saskatchewan, favorable au parti Libéral, signale plutôt des élections pour l’automne 1935 (le gouvernement fédéral étant à ce moment contrôlé par les Conservateurs du premier ministre Bennett).
vendredi 29 juin 1934 : Le maire Ferland refuse plusieurs fois au cours des dernières semaines de recevoir et discuter avec les représentants francophones de la VWA ; ces dernières vont s’en plaindre auprès du premier ministre Taschereau, qui prend note et promet d’examiner la question.
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vendredi 6 juillet 1934 : Une délégation composée de trois échevins (Dansereau, Wermenlinger et Lafrance) retourne essentiellement bredouille d’une visite à Ottawa ; le ministre du Travail n’était pas disponible ; malgré cela, le ministre des Travaux publics a promis d’envoyer un ingénieur afin d’évaluer des travaux futurs, surtout par rapport à la digue le long du fleuve, et une forte possibilité que le boulevard Lasalle soit redressé dans les environs de l’avenue de l’Église ait aussi été évoqué.
[image 34-07-06A] Pour ceux qui auraient oublié d’envoyer leurs garçons au camp pour l’été ou pour ceux qui ne peuvent plus les endurer (mais encore faut-il en avoir les moyens), voici cette offre de dernière minute! | The Guardian, publié en page frontale, le vendredi 6 juillet 1934.
[image 34-07-06B] Toutes les organisations étaient à la recherche de moyens afin de financer leurs missions, et certaines savaient le faire en grand, comme ici la légion canadienne. On remarque que le coin de la rue Wellington et de la sixième avenue, en plus d’être, encore aujourd’hui, la fin de la Well commerciale, le début ou la fin de la Well piétonne, est aussi un des rares endroits sans bâtiments sur rue. C’est essentiellement un espace de stationnement ou « strip mail ». À l’intersection avec la cinquième avenue, on est en 1934 à construire ce qui deviendra le cinéma Fifth Avenue. | The Guardian, publié en page six, le vendredi 6 juillet 1934.
vendredi 13 juillet 1934 : Avec un article au titre sensationnaliste, « Courting Typhoid Epidemic », au centre de la page frontale , le journal note qu’en cette période chaude (milieu du mois de juillet), où les enfants de la ville se retrouvent au bord de l’eau, un tuyau d’égout de dix pieds de diamètre, qui draine la partie ouest de Verdun, déverse « its germ-laden contents » directement dans le fleuve, juste à l’ouest du quai de la Tortue ; une page de publicité dans le journal fait la promotion du nouveau pont à péage vers la Rive-Sud, finalement baptisé Honoré-Mercier ; une carte sur cette même page recommande l’utilisation du boulevard Lasalle pour s’y rendre.
vendredi 20 juillet 1934 : Des inspecteurs provinciaux ont examiné l’égout à ciel ouvert et confirment qu’il doit être fermé au plus tôt ; la CMM nomme le trésorier de la ville, J. R. French, comme contrôleur des finances de Verdun ; face à un déficit cumulé de presque un million, la ville devra couper pour 40 000 $ [942 000 $] en salaires.
vendredi 27 juillet 1934 : Questionné sur l’égout qui se déverse directement dans le fleuve, à quelques mètres d’un point fréquenté majoritairement par un jeune public, le maire Ferland affirme que Verdun n’est pas plus sale qu’ailleurs [sic] ; des travaux sont toutefois en cours afin de corriger la situation ; le maire Ferland, les échevins Lafrance et Wermenlinger ainsi que « [t]housands of teen age children » sont présents lors de l’ouverture officielle d’une nouvelle piscine extérieure pour jeunes au parc Willibrord ; l’hôpital de Ville Lasalle est enfin ouvert.
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vendredi 3 août 1934 : Finalement, la solution pour le tuyau d’égout qui se déverse dans le fleuve est simplement… de le prolonger plus loin dans le fleuve ; à cette fin, le comité exécutif vote 5 000 $ [118 000 $] pour les travaux.
vendredi 10 août 1934 : La CMM ordonne à Verdun de nommer un directeur des finances et de moderniser ses méthodes comptables ; autrement, la CMM adoptera, le 15 août, une résolution demandant à Québec de déclarer la ville en faillite et de la mettre sous sa tutelle ; le maire Ferland n’était pas présent pour défendre la ville lors de cette séance de la CMM.
vendredi 17 août 1934 : Lundi, lors de la séance du Conseil, ce dernier se plie aux exigences de la CMM et nomme J. R. French directeur des finances (en plus d’être trésorier) ; il doit toutefois maintenant répondre de ses actions à la CMM, jusqu’à la stabilisation financière de la ville ; lors de cette séance du Conseil, le maire Ferland avait aussi invité le président de la CMM, W. H. Biggar ; en s’adressant à la séance, ce dernier souligne que la détresse financière de Verdun n’est en rien attribuable à de la malversation ou à de la négligence du Conseil, mais que « 95 per cent of the trouble was due to unemployment relief measures. » ; immédiatement, 15 employés de la ville sont congédiés afin d’économiser 40 000 $ ; des départements municipaux sont consolidés afin d’effectuer d’autres économies.
vendredi 24 août 1934 : Une délégation de la VWA rencontre le premier ministre L.-A. Taschereau ; on lui souligne que les possibilités de travaux publics ne manquent pas : nouvel Hôtel de Ville, réparation, mise à jour et extension du Boardwalk, aménagement d’une plage de baignade, construction de bibliothèques publiques, d’un auditorium et de bains publics (piscines intérieures), d’un incinérateur, aménagement de nouvelles rues, pavage et autres aménagements publics urbains ; la délégation demande aussi d’avoir une représentation sur la CCV.
vendredi 31 août 1934 : Sous le titre « Workers in city to pay taxes to Montreal », on informe pour la première fois le lecteur verdunois de la possibilité d’une forme de taxation municipale sur le revenu de personnes qui travaille dans la Ville de Montréal, mais qui réside ailleurs sur le territoire de la CMM (comme Verdun). Cette mesure sera en vigueur de 1935 à 1940 (Collin, 1994).
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vendredi 7 septembre 1934 : Le parc Woodland est la scène d’un rassemblement de la CCF de plusieurs milliers de personnes ; au quai de la Tortue maintenant, des milliers de spectateurs sont présents lors du deuxième « annual swim meet ».
vendredi 14 septembre 1934 : Dans « A War Widow vs. Relief Commission », un large article au centre de la page frontale, on cite le maire Ferland qui aurait dit en présence de cette veuve : « Cancel that woman’s relief » ; en sortant des bureaux de la CCV, boul. Lasalle, elle aurait souffert d’un choc nerveux et la ville a payé pour ses soins.
vendredi 28 septembre 1934 : Lundi soir, lors d’une séance du Conseil orageuse qui se poursuivit jusqu’au petit matin, le maire Ferland fait appel à la police pour expulser l’échevin Garrity ; ce dernier sort avant l’arrivée des constables ; maintenant, le maire Ferland démissionne réellement de la CCV ; autrement, plus de 50 contestations de taxes furent traitées, on décide de fermer le poste de police et de pompiers numéro 2 dans l’ouest de Verdun et une réserve foncière d’une valeur de 41 698 $ [982 000 $] est constituée (l’article ne précise pas où dans la ville).
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vendredi 5 octobre 1934 : Publication de la lettre de démission de la CCV du maire Ferland ; dans cette lettre, s’adressant à l’échevin Garrity, maintenant responsable de la CCV, le maire Ferland affirme : « I have too much respect for myself to sit any longer with a man who forgot himself like you did last Monday night. » ; c’est maintenant officiel, dans les quinze prochains jours, les cités et villes désignées (dont Verdun) doivent vendre aux enchères les propriétés avec deux ans et plus de taxes foncières impayées ; dans la chronique The LOUDspeaker, l’auteur anonyme se moque ouvertement de l’accent du maire Ferland en écrivant « TANKS FOR DESE KIND WOIDS… » ;
[image 34-10-05] Cette image pour donner une idée du style employé par The….. LOUD… Speaker; pas toujours facile de comprendre de quoi exactement il est question, et le tout souvent dans un style qui écorche. | The Guardian, publié en page frontale, le vendredi 5 octobre 1934.
vendredi 12 octobre 1934 : Séance du Conseil orageuse, lundi dernier, avec « wild and careless accusations hurled » ; la situation financière de la ville et la CMM toujours au centre des débats ; l’échevin Dansereau est choisi par ses pairs pour remplacer le maire Ferland sur la CCV ; l’échevin Bombardier informe le Conseil qu’il proposera que la CCV soit formée de membres indépendants (et non plus d’élus) ; le maire Ferland affirme que le secours direct (the dole) prendra fin le 1e novembre, à moins d’une intervention de Québec et d’Ottawa.
[image 34-10-12] Le « Southwestern YMCA », le nom officiel du « Y » de Verdun, avec son édifice dédié ayant pignon sur l’avenue Gordon, est toujours en quelque sorte en période de recrutement. Cette annonce, en plein milieu de saisons, vise clairement à relier les jeunes hommes qui aimeraient bien se voir comme « folks who’ll direct the world’s affairs [of] tomorrow » et ainsi, « going places ». | The Guardian, publié en page frontale (en bas à droite), le vendredi 12 octobre 1934.
vendredi 26 octobre 1934 : Dans une drôle de lettre ouverte publiée en page frontale, le député de St-Ann, John A. Sullivan, affirme que Verdun ne paye que 20 % « of relief », le fédéral et le provincial se partagent le reste également ; en 1933, Ottawa aurait envoyé plus de 818 000 $ [19 540 000 $] et, pour l’année en cours, plus de 549 000 $ [12 932 000 $] ; toujours selon la même lettre, il faut se rappeler que le contexte est un où Verdun prend en charge entre 2 000 et 3 000 familles, selon la saison, a comparé à environ seulement 200 familles pour Outremont ; l’échevin Glew est élu par le Conseil maire suppléant (pro-mayor) pour trois mois ; l’ouverture du tunnel Wellington sous le canal Lachine, pour les tramways, a lieu mercredi prochain.
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vendredi 2 novembre 1934 : Le maire Ferland doit mettre fin à des rumeurs dans la presse quotidienne montréalaise selon lesquelles il est sur le point de démissionner pour cause de maladie ; affirme qu’il continue de lutter pour les sans-emploi, qu’il sera de retour au bureau lundi et qu’il est simplement aux prises avec un rhume ; le maire Ferland conduit avec la police de la ville une descente sur les machines à sous, 16 machines saisies : « We don’t want these outrageous money-making devices in Verdun » ; il y a la formation d’un parti politique axé sur les vétérans à Verdun : « Will take part in municipal, provincial and federal elections ».
[image 34-11-02] C’est une photo du maire Ferland qui sera souvent utilisé dans le journal. Encore une fois, il doit nier des rumeurs de maladies si graves qu’elle le conduirait à abandonner la vie publique et de service. | The Guardian, publié en page frontale, le vendredi 2 novembre 1934.
vendredi 9 novembre 1934 : Le dernier Conseil accepte « temporarily » l’offre de 40 % Ottawa, 40 % Québec et 20 % Verdun dans le paiement du « relief », mais l’échevin Dansereau accuse l’échevin Garrity d’avoir « turned traitor » et d’être un « sold out » pour ne pas avoir obtenu 10 % pour Verdun ; le maire Ferland exprime aussi son insatisfaction, au grand plaisir du « packed hall of taxpayers » ; tous les membres du Conseil décident aussi de continuer d’assumer, temporairement, les fonctions de membres de la CCV.
vendredi 16 novembre 1934 : Sérieusement malade, en attente d’une opération, le maire Ferland, de son lit à l’hôpital Saint-Luc, affirme que Verdun sera sans fonds à partir de demain et endosse une lettre du ministre fédéral du travail qui blâme spécifiquement le premier ministre du Québec, L.-A. Taschereau ; l’échevin Bombardier annonce qu’à partir du 1er décembre, le citoyen « on relief » recevra deux chèques au montant complet, et non plus un chèque et des bons ou coupons—la part du loyer sera toutefois remise directement au propriétaire, comme avant ; la devise sous l’entête du Guardian passe de Verdun’s Leading Newspaper à The Leading Newspaper of the Third Largest City in the Province of Quebec.
[image 34-11-23] Tous les prétextes sont bons pour avoir un bon moment tout en aidant son prochain. Une pleine page (la dernière page du journal) pour annoncer un concours de « Mince pie » qui se tient dans le contexte du fameux « Park Theatre » sur « Church Ave. » On en profite pour annoncer produits et commerces de Verdun. Le maire Ferland prend même un carré pour congratuler les gagnantes éventuelles. Il y a des prix pour un total de 40 $ [942 $] et encore plus important, « [a]fter the contest, the pies, and several hundred are expected, will be divided equally among the Catholic and Protestant orphanages. » C’est seulement en consultant un annuaire Lowell (1934-35) que j’ai découvert que le Park Theatre était localisé au 726, rue de l’Église (côté ouest, juste passé la rue Joseph—le bâtiment n’existe plus), puisque les annonces de l’époque n’en donnent jamais l’adresse. | The Guardian, publié en page huit, le vendredi 23 novembre 1934.
vendredi 30 novembre 1934 : Le premier ministre du Québec, L.-A. Taschereau, propose de prendre en charge 50 % « of all unemployment relief » si Ottawa fait la même chose ; le maire Ferland, sur proposition de l’échevin Dansereau d’appliquer avec plus de vigueur l’interdiction sur les « slot machines », affirme au contraire qu’il souhait les légaliser par l’émission de licences afin d’en faire une source de revenus.
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vendredi 7 décembre 1934 : La province met son veto dans le nouveau système de paiement par chèque des bénéficiaires du secours direct ; pour 15 jours, la liste électorale en vue des prochaines élections municipales (le 1er avril 1935) est disponible à l’Hôtel de Ville pour consultation, ajout ou modifications ; pour voter, il faut être un homme, sujet britannique, avoir atteint 21 ans le jour du scrutin et être qualifié pour voter à Verdun (résident ou propriétaire—une femme peut voter si elle est « qualifiée », par exemple en étant propriétaire).
[image 34-12-07A] Le père Noël établit son quartier général chez Fabien (maintenant Harricana) pour tout le mois de décembre et se rendra disponible pour recevoir les petits enfants tous les après-midi, de 14 h à 17 h. | The Guardian, publié en page frontale (en bas au centre), le vendredi 7 décembre 1934.
[image 34-12-07B] La législature de Québec apporte des modifications quasi annuellement à la charte de Verdun (elles entrent en vigueur normalement en avril). Mais en vérité, celles-ci reflètent le plus souvent les priorités de Québec plutôt que celles de Verdun, ce qui est une source constante de frustration pour le maire et les élus du Conseil. Alors, pour la première fois, comme dans l’espoir d’utiliser le poids de sa démographie pour faire pression sur Québec, la ville fait publier quelques fois, jusqu’au mois de mars 1935, cette liste de demandes. Nul besoin de dire que la démarche ne sera pas couronnée de succès. | The Guardian, publié en page huit (dernière), le vendredi 7 décembre 1934.
vendredi 14 décembre 1934 : Lors d’une rencontre des membres de la CMM, on évoque encore une fois la possibilité d’annexer Verdun à Montréal si la ville ne présente pas un bilan équilibré pour 1935 ; les villes de Saint-Michel et Montréal-Nord sont en situation similaire.
vendredi 21 décembre 1934 : Lors d’une séance spéciale du Conseil tenue mercredi soir, la décision fut prise que le Conseil se chargerait de l’administration et de la distribution de l’aide, en attendant la nomination par Québec d’une commission indépendante de chômage ; afin d’équilibrer les budgets de 1934 et 1935, une surtaxe de 5 % sera ajoutée à toutes les propriétés résidentielles et commerciales ; le Conseil « will carry fight to Quebec » concernant les amendements souhaités à sa charte ; dans un encadré publié dans les pages du journal, la ville spécifie les quatorze points qu’elle souhaite voir modifier par Québec ; le point numéro un est toujours l’abolition du Conseil exécutif composé de représentants élus uniquement par les propriétaires.
[image 34-12-21A] Sous un article intitulé « Verdun to Balance 1934-’35 budgets with a New Surtax », le lecteur apprend que « It was disclosed that both the budget of 1934 and that of 1935 will be balanced », comme en témoigne pour 1935 cet encadré publié sous l’article. Et d’ajouter : « The 1935 budget calls for a five percent surtax on property and business taxes, but it is learned definitely that this surtax will not be passed on to the tenants. » Évidemment. 1 291 310 $ correspond à [30 418 000 $]. | The Guardian, publié en page frontale, le vendredi 21 décembre 1934.
[image 1934-12-21B] Une des seules photos du député fédéral de la circonscription Jacques-Cartier dans Verdun, Georges P. Laurin. Extraite d’une page entière de « Christmas Greetings » offerte par tout le « who’s who » professionnel, commercial, associatif et politique de Verdun. Le maire Ferland y figure bien en évidence avec une photo connue [image 34-11-02], au centre en haut de la page et offre à tous ses citoyens « his sincerest Yuletide greetings and best wishes for the coming year. » | The Guardian, publié en page cinq, le vendredi 21 décembre 1934.
vendredi 28 décembre 1934 : Les grands titres de cette édition portent sur la panique qui semble avoir agrippé Verdun depuis la descente de police avec le maire Ferland, il y a un mois : « Slot machines contaminate city! » et « Slot machines must go! » ; pendant ce temps, au Palace Theatre (3841, rue Wellington, maintenant l’Énergie Cardio), lors d’un « [m]idnight Show for Jobless And Huge Prize Drawing », sous le patronage du maire Ferland, plus de 500 $ [11 777 $] amassé afin de venir en aident aux chômeurs ; plusieurs prix de présence, payés par le maire, ont été distribués dans l’assistance, pour une valeur estimée de 199 $ [4 690 $] (calcul puisque l’article en fait l’inventaire, incluant la valeur, nomme les gagnants et donne même leurs adresses !) ; finalement, sous le titre « Relief problems, aid to unemployed headlined ’34 news », un article fait une revue de l’année 1934, mois par mois.
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1935
Abbreviations : CCF : Co-operative Commonwealth of Canada; CCM : Commission métropolitaine de Montréal; CCV : Commission de chômage de Verdun; VLU : Verdun Labour Union (l’Union des travailleurs de Verdun); VVL : Verdun Voters’ League; VWA : Verdun Workmen’s Association;
À moins de mention contraire, le « Conseil » fait référence au conseil municipal de Verdun. Le montant entre crochets [$$$] représente le montant en dollars de 2026 tel que calculé avec la feuille de calcul de l’inflation de la Banque du Canada.
De janvier au 31 mars 1935
vendredi 4 janvier 1935 : On rapporte l’élection d’un second maire CCF : James Simpson, à Toronto (il sera défait lors de l’élection suivante, en 1936, surtout à cause de son incapacité à dissimuler son aversion pour l’Église catholique) ; la CCV doit se défendre de vendre des vêtements d’hiver à autre chose que le prix coûtant.
[image 35-01-04A] Les rumeurs sur les prochaines élections municipales commencent avec les photos de quatre hommes sous la mention « Mayoralty Candidates in April » : le maire actuel, Hervé Ferland, le député provincial Conservateur de Montréal-Verdun depuis 1923 et ancien adversaire du maire, P. A. Lafleur, le président de la VVL, William Bell, et, finalement, le dernier maire de Verdun avant Ferland, Charles M. Allen. | The Guardian, page frontale, le vendredi 4 janvier 1935.
[image 35-01-04B] En même temps que certaines candidatures se confirment, d’autres se désistent, comme ici Jules Wermenlinger. Il bénéficiera certainement d’un prompt rétablissement, puisqu’à l’automne, il se présente (et gagne) la nouvelle circonscription fédérale unifiée de Verdun pour les Conservateurs (malheureusement pour les intérêts de la ville, c’est les Libéraux de Mackenzie King qui l’emportent). | The Guardian, page frontale, le vendredi 4 janvier 1935.
vendredi 11 janvier 1935 : La rumeur veut qu’une station d’essence soit construite sur l’avenue Verdun, à l’intersection de l’avenue Willibrord ; William Bell confirme qu’il sera candidat à la mairie de Verdun ; sa plateforme : faire venir les industries afin de créer de l’emploi pour les résidents de la ville ; il affirme que, si cela avait été fait dès 1929, 3 000 familles ne seraient pas sans-emploi ; J. S. Woodsworth, chef du CCF, sera reçu à l’Hotel Ford de Montréal et offrira une causerie sous le thème « What Should Canada’s New Deal Be? ».
[image 35-01-11] En cette période juste avant l’élection municipale du 1er avril, le maire Ferland cherche à démontrer un contrôle serré des dépenses municipales. | The Guardian, page frontale, le vendredi 11 janvier 1935.
vendredi 18 janvier 1935 : Au dernier Conseil, on confirme l’opposition véhémente de Verdun à la nouvelle taxe de vente de 2 % que souhaite imposé Montréal sur le territoire de la CMM ; une nouvelle CCV, composée de trois membres, tous des échevins (Glew et Lalonde, Lafrance comme président) se rencontre mercredi ; c’est finalement 704 $ [16 585 $] qui furent amassés pour les sans-emploi lors de la soirée au Verdun Palace Theatre, sous le patronage du maire Ferland ; l’échevin Jules Wermenlinger est choisi « unanimement » par le club du parti Conservateurs afin d’être leur candidat lors des prochaines élections fédérales, à l’automne.
vendredi 25 janvier 1935 : Le nouveau parti « non-partisan » des vétérans de guerre se choisit un exécutif ; encore une fois, le candidat à la mairie William Bell (de la Voters’ League) promet la mise sur pied d’une commission industrielle ; la femme du maire Ferland est opérée à l’Hôpital général de Verdun et son fils, Roland, est en récupération après un accident de travail.
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vendredi 1e février 1935 : Les pressions sur Québec auraient fonctionné, s’il faut en croire la rumeur, et l’élection des représentants aux sièges 1 se fera au suffrage universel (tel que compris à l’époque) et non seulement des propriétaires ; dans un éditorial intitulé « Bring Manufactures to Verdun », on propose de permettre l’installation de petites manufactures le long du canal de l’Aqueduc ; le maire Ferland demeure opposé, selon l’éditorial, une contradiction dans sa posture de défenseur des travailleurs ; on donne l’exemple de la J. B. Williams Company de Ville Lasalle, qui, s’étant fait refuser un permis à Verdun, a construit là-bas un bâtiment qui ressemble à une école et dans lequel plus de 150 personnes travaillent, à l’année.
vendredi 8 février 1935 : Sur ordre du premier ministre Taschereau, la clause « propriétaire » de la charte de Verdun sera maintenue ; à ce propos, le maire Ferland dit : « as long as the Taschereau dictatorship lasts, we will suffer defeat » ; la femme du maire Ferland, depuis longtemps à l’hôpital général de Verdun, retourne chez elle pour continuer sa convalescence.
vendredi 15 février 1935 : Sous les auspices de la Municipal Association de Montréal, devant 700 personnes, le maire Ferland met le blâme de la franchise perdue des locataires sur « a little selfish group of proprietors who are bent on having their own way » ; le ministre des Travaux publics du Québec, J. N. Francoeur, écrit au maire Ferland pour demander une commission de chômage indépendante ; un appel est fait pour la réouverture de la station de police et de pompier numéro 2, dans l’ouest de Verdun ; le 11e maire de Verdun (1915-17), Charles Manning (1862-1935), est décédé lundi dans sa maison de Westmount.
[image 35-02-15] L’ancien maire est resté actif dans sa communauté, jusqu’à la fin. | The Guardian, page frontale, le vendredi 15 février 1935.
vendredi 22 février 1935 : Lors d’un rassemblement qui remplit la salle du Wood Hall, William Bell, président de la Voters’ League et candidat à la mairie, propose comme plateforme la construction d’un auditorium de 15 000 places et d’une bibliothèque publique, avec l’aide du Carnegie Fund ; l’ancien maire Allen confirme qu’il sera candidat à la mairie, encore ; dans un renversement inattendu, le maire Ferland se dit maintenant en faveur de la taxe de 2 % à la consommation que Montréal souhaite imposer, puisque Verdun aura un contrôle sur l’utilisation des fonds.
[image 35-02-22] L’un (Allan) se laisse tenter, encore, et l’autre (Glew), qui fut, pour six ans (trois mandats), l’un des représentants du quartier le plus densément peuplé de Verdun, le « ward 3 », et, selon les rapports que l’on peut lire dans la presse, très apprécié par ses électeurs, décide de céder sa place, pour cause de maladie. | The Guardian, page frontale, le vendredi 22 février 1935.
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vendredi 1e mars 1935 : La nouvelle taxe de Montréal sera finalement un impôt sur le revenu des travailleurs qui résident sur un autre territoire, comme Verdun ; cette méthode de prélèvement est « vigorously opposed » par les échevins et le maire Ferland ; la nomination d’une commission indépendante de chômage est rapportée à plus tard, après les élections du 1e avril ; le maire, deux échevins, deux avocats et le directeur de la ville sont partis immédiatement pour Québec afin de s’occuper de la révision annuelle du « Verdun Bill » (sa charte).
vendredi 8 mars 1935 : Encore une fois, la possibilité de l’annexion de Verdun par Montréal (et d’autres municipalités sur le territoire de la CMM) est évoquée, cette fois dans le contexte d’une étude par le gouvernement du Québec sur le système des arrondissements (boroughs) ; on pense toutefois que la mémoire encore vive des annexions désastreuses de la période 1911-1921 (Montréal a été mise sous tutelle de Québec entre 1918 et 1922) va conduire la province et Montréal à agir avec prudence ; des citoyens contactent le journal pour s’inquiéter de la prolifération de barbottes (gambling dens) sur Wellington, à l’ouest de l’avenue Galt.
vendredi 15 mars 1935 : Lors de la dernière séance du Conseil, il est formellement décidé de laisser à après les élections le choix sur la composition et le mode de fonctionnement de la CCV ; concernant la pertinence de l’amalgamation des municipalités de l’île de Montréal en 24 arrondissements, le premier ministre Taschereau, qui est aussi ministre des Affaires municipales, se montre favorable.
vendredi 22 mars 1935 : Lors de l’enregistrement officiel des candidats à la mairie et aux postes d’échevins à l’Hôtel de Ville, le maire Ferland reçoit une ovation spontanée et nourrie de la vaste foule venue assister à la séance de mise en candidature ; William Bell, président de la Voters League, et Charles M. Allen, ancien maire de Verdun, sont officiellement ses opposants ; la foule « jammed every nook and corner of City Hall » ; n’ayant aucun opposant, Paul Lalonde, candidat dans le quartier 4, siège 1, est élu par acclamation ; suite à un changement dans la charte de Verdun, le prochain comité exécutif sera composé du maire, de trois échevins aux sièges 1 et d’un échevin « nommé par la majorité des votes de tout le Conseil parmi les échevins élus au siège no. 2 par les électeurs municipaux en général. » [25-26 GeoV Chapitre 115 (1935)].
[image 35-03-22] Toujours cette même photo du maire Ferland, publié bien en vue sous le titre de deux pouces de haut : VOTERS ACCLAIMED FERLAND. | The Guardian, page frontale, le vendredi 22 mars 1935.
vendredi 29 mars 1935 : Le maire Ferland fait un discours de deux heures en français et en anglais pour ses partisans rassemblés par centaines autour de l’Hôtel de Ville ; il fait un autre discours dimanche (31 mars, le jour avant l’élection), rediffusé en direct sur les ondes de CKAC.
[image 35-03-29A] Dans cette ultime publicité, le maire Ferland rappelle qu’il est à la tête de la troisième plus grande ville de la province, qu’il a sauvé « thousands of dollars » aux « taxpayers of Verdun » et qu’il a mis fin au système humiliant des « coupons » en faveur des chèques pour les sans-emploi. En fait, considérant le travail qu’il a fait pour la ville, « Mayor Ferland should have been returned by acclamation », rien de moins ! | The Guardian, page deux, le vendredi 29 mars 1935.
[image 35-03-29B] Comme pour mousser les choses, The Guardian fait la promotion de sa « soirée des élections », qui se tiendra à ses bureaux au centre du centre de Verdun, au coin de « Church and Wellington » (c’est le bâtiment Steele, qui existe toujours). « Moving Pictures and Entertainment » viendront animer le tout. | The Guardian, page frontale, le vendredi 29 mars 1935.
[1] En fait, il y avait un autre hebdomadaire à Verdun, Le messager, mais ses archives de la décennie 1930 sont sporadiques, apparemment détruites lors d’un incendie. Fondé en 1912 par Thaddée-Donat Léger, le journal fut racheté en 1918 par Henri Duhamel. La rue du même nom souligne sa mémoire et la rue Gilberte-Dubé, celle de sa conjointe, une collaboratrice essentielle. Voir Essai d’histoire de Verdun et le site Web de la Ville, Répertoire des toponymes.
[2] Population de 60,745 avec une densité de 27,239 personnes « par mille carré », la plus dense des cités au Québec. Annuaire statistique, 1934, p. 48 ;
[3] Pour comprendre le rôle précurseur et essentiel de la Commission métropolitaine de Montréal (CMM), voir Collin, Les stratégies fiscales municipales et Pineault, Rapports de pouvoir et enjeux métropolitains.
[4] La « Loi constituant en corporation la Commission métropolitaine de l’île de Montréal » (1921) se justifie en préambule : « [T]out en conservant leur autonomie aux municipalités de l’île de Montréal, il est important qu’un système de contrôle financier par une autorité centrale représente ces municipalités, ainsi que la cité de Montréal ».
[5] Au Québec, les cités étaient celles que le législateur considèrerait comme des centres urbains majeurs. Par exemple, selon l’Annuaire statistique de 1936 (p. 221), le territoire de la province est organisé en municipalités urbaines (127) et rurales (1,325). Parmi les premières, 102 sont des corporations de ville et 25 (dont Verdun) des cités (chiffres de 1934). Verdun est devenu une « municipalité de cité » le 21 décembre 1912.
[6] Pour comprendre le profil de la population anglophone de Verdun à cette époque, on consulte, de Davidson, The Social Adjustment of British Immigrant Families.
[7] Verdun possède 20 manufactures où travaillent 916 employés produisant pour une valeur brute de 1,8 million (en 1934). Pour comparer avec une cité semblable, Lachine possède 28 manufactures dans lesquelles travaillent 1,844 employés, et la valeur brute des produits est de 6 millions. Extrait du tableau 115—Statistiques des manufactures par cités, villes et villages de la province en 1934, p. 344, Annuaire statistique, 1936.
[8] En s’appuyant sur le tableau de l’annexe A-III—Population active de Verdun selon le groupe professionnel (1931 et 1941), p. 324, publié dans Des bons aux chèques, et en faisant certains regroupements.
[9] Pour avoir une description exacte du district électoral de Montréal-Verdun, voir la Loi amendant les statuts refondus, 1909, relativement à la division territoriale de la province, article 65, Tableau des districts électoraux, No. 55, Montréal-Verdun.
[10] Lors des élections générales de 1936, P.-A. Lafleur est élu sous la bannière de l’Union Nationale de Maurice Duplessis. Il sera donc au pouvoir trois ans. Malgré trois autres tentatives pour se faire ré-élire, ce sera son dernier mandat.
[11] Circonscription fédérale de Jacques-Cartier : 1. À partir de 1892, la ville de Verdun est incluse à l’intérieur des limites de ce vaste district électoral de l’ouest de Montréal; 2. À partir de 1914, la ville de Verdun est retirée de la description de cette circonscription; 3. À partir de 1924, c’est la partie ouest de Verdun, à partir de l’axe de l’avenue de l’Église, qui est incluse dans cette circonscription; 4. En 1933, cette section ouest de Verdun est retirée de Jacques-Cartier; les deux districts électoraux fédéraux sont fusionnés pour ne laisser que « Verdun », qui correspond aux limites territoriales de la Cité.
[12] Circonscription fédérale de Sainte-Anne : 1. À partir de 1914, c’est « toute la paroisse et la ville de Verdun qui sont transférées […] audit district électoral de Sainte-Anne »; 2. À partir de 1924, la séparation se fait dans l’axe de l’avenue de l’église; tout Verdun qui est à l’est de cet axe fait maintenant partie du district électoral fédéral de Sainte-Anne; 3. En 1933, cette section est de Verdun est retirée de Sainte-Anne; les deux districts électoraux fédéraux sont fusionnés pour ne laisser que « Verdun », qui correspond aux limites territoriales de la Cité.
[13] Dans Lessons For Today (Graham, John R.) : « even in the face of prolonged, unprecedented levels of unemployment, peaking at almost thirty percent of the total population in early 1933 », et particulièrement les notes 12 et 13 de ce texte. Ce n’est qu’un des nombreux auteurs qui situe la pointe de la Grande dépression en 1933.
[14] Dans un éditorial (The Guardian, 1933-10-26, page 4) intitulé « Case for Borough System », l’auteur poursuit : « By this is meant not necessarily the city of Montreal but includes the entire island. There is today, perhaps as never before, a crying need for the amalgamation of all municipalities on the island of Montreal. » L’auteur conclut : « Would not a central board for financing and control, working in conjunction with a local administration, seem to be an improvement. » Voir aussi [image 33-10-26] pour l’article complet.
[15] Étant donné les critères sévères pour obtenir du secours direct, le pourcentage de la population dans le besoin est probablement supérieur. Voir dans Des bons aux chèques, Tableau 1—Évolution du pourcentage de la population verdunoise bénéficiaire d’aide (1930-1931), page 114.
[16] Pour une histoire exhaustive de la Commission de chômage de Verdun (CCV), voir la section 5.1 (p. 172-189), dans Des bons aux chèques.
[17] En fin de mandat, le maire finira par démissionner spectaculairement.
[18] Dans un article intitulé « Mayor Ferland to leave soon for vacation » (The Guardian, 1933-07-27, page frontale), on lit : « Despite this, and a natural tendency to nervousness […] » Cela dit, un peu plus loin dans l’article, on présente le maire Ferland comme étant « Known as a Worker » et « Known as a Fighter ».
[19] C’est le titre d’un éditorial extérieur paru dans The Guardian, 1933-08-04, p. 4. Parmi les phrases qui représentent bien une certaine pensée dominante à l’époque, on peut lire : « The weekly dole is not unlike a drug that dopes the mind and body. The morale slowly disintegrates; the need to struggle no longer exists. »