The WPA Guide to New York City—The Federal Writers Project Guide to 1930s New York. With an introduction by William H. Whyte. The New Press, 1992 (1939), 700 pages.
Cette chronique fait partie d’une série sur l’auteur urbain William H. Whyte (1917-1999)
Août n’est jamais un bon mois pour aller visiter NYC, mais c’est dire la force de ce guide et de cette ville, centre de l’univers sans égal d’entre les villes que le simple fait d’ouvrir le livre à n’importe quel page nous donne immédiatement le goût d’y être, maintenant et alors, à la fin des années 1930 [1]. C’était juste avant la guerre, mais juste au moment où la ville, et l’Amérique en général, s’en sortait. Une bonne partie de cette extraction des profondeurs de la noirceur économique pouvait d’ailleurs être attribuée au nombreux programme du gouvernement fédéral, comme la Work Projects Administration (WPA) qui, avec la Federal Writers’ Project (FWP), allait employer écrivains, journalistes et gens du domaine des études humaines dans la production de ces guides « de découverte et de voyage », fait pour la totalité des États américains et plusieurs grandes villes américaines. Il va sans dire, ces volumes sont maintenant des objets de collections, mais la plupart connaissent aussi des éditions contemporaines, comme celle-ci sur NYC. L’éditeur avait même eu l’idée heureuse de faire appel à Holly Whyte (1982) pour une introduction. Whyte est l’archétype du New Englander qui trouve finalement son vrai milieu naturel dans New York City, au confluent de la sécurité matérielle de la Upper East Side (son lieu de résidence) et de la trame dense des rues, des avenues et du métro qui conduit potentiellement partout, en tout temps.
Chatham Square Station sur le Third Avenue El — 1929
Dans cette introduction, Whyte nous invite à découvrir la ville de maintenant avec ce guide d’alors. Il mise sur le fait que la vaste majorité des « buildings of no special significance but […] [that] gave the streets scale and characters » jouent toujours leurs rôles, même si les pertes, autant de l’extraordinaire (Penn Station) et de la multitude de ces bâtiments ordinaires, mais essentiels ont été jusqu’à changer la nature même des quartiers. C’est une chose quand cette transformation se fait par un glissement naturel, avec de la restoration, de la rénovation et un usage qui s’adapte au présent, c’est est une autre lorsque cela est l’œuvre de projets grandioses d’un idéalisme puéril. NYC étant le centre et le point de départ de tous les idéalismes urbains contemporain, on ne sera pas surpris d’y trouver toutes ces contradictions magnifiées, autant à Manhattan que dans les boroughs. Et comme le souligne Whyte, les rues sont toujours débordantes des gens, partout. Juste ne pas penser qu’on pourra utiliser le El sur Third Avenue pour s’y rendre, malheureusement.
[1] (2024-08-19) Pour une autre perspective vive sans être indument nostalgique, on parcourra avec bonheur le travail de Madame Jill Gill, qui vaut certainement le détour.